Zoom sur: la coopérative Valdibella

Et parce que nous ne vous proposons pas que des produits locaux mais toute une alternative pour une consommation plus responsable, nous vous proposons de découvrir ce qu’il a y aussi derrière les autres produits présent sur notre site.

Valdibella un modèle coopératif inspirant et pionnier

Valdibella est une coopérative basée en Sicile, à Comporeale. Fondée en 1998 par 5 producteurs, elle a pour désir de rendre de la dignité aux agriculteurs sur un territoire à forte vocation agricole et rurale, basée sur la pratique d’une agriculture Biologique, reposant sur la biodiversité et les cultures autochtones.

C’est la culture de la vigne qui permis en premier lieu de structurer la coopérative avec, dès le départ, l’envie de faire des vins natures et avec des cépages anciens et endémiques.

Massimiliano, agronomiste de formation, originaire de la région, devient le référent de la coop pour la culture.

Ici, on ne parle pas d’exploitations mais de fermes, chacune pratiquant la diversification : il n’y a donc pas de monocultures. Les vergers d’amandiers ou d’oliviers sont parcourus par des bosquets de romarin, d’origan ou encore d’artichauts.

Pratiquer la culture (arboriculture) et le maraichage, la base pour lutter contre les maladies et l’appauvrissement des sols !

Un exemple de circuit court et contrôlé

Composée aujourd’hui d’une trentaine de producteur·ice·s situés sur la partie l’Ouest de l’île, la coopérative travaille en circuit court et fermé.

Tous les produits proposés par Valdibella sont réalisés exclusivement avec les ingrédients provenant des membres de la coopérative. Ils sont fabriqués majoritairement au sein de leurs sites de productions situés à Comporeale (les produits en conserves et bouteilles, à l’exception de l’huile d’olive), ou bien réalisés par des prestataires (pâtes, gressins,). Les compositions des produits sont le plus simple possible (jus de citron pour les conservateurs, pas d’épaississants dans la composition des boissons à l’amande).

L’intégralité des cultures et des récoltes produites par les fermes sert à approvisionner la coopérative en fruits et légumes, grenades, tomates, avocats, mangues, raisins de table, et ce qui ne peut aller dans nos assiettes terminent en conserve/bouteille.

Valoriser leurs productions, c’est le crédo. Le pesto est par exemple réalisé avec les amandes, le basilic et l’huile d’olive de Valdibella, quant aux pignons de pin qui ne poussent pas dans la région (Nord de l’Italie), ils sont remplacés par les pépins de raisins !

La Timilia : variété ancienne de Blé de Sicile

Il a été considéré pendant des siècles comme le « blé des paysans », parce-que c’est un blé tardif, il était semé après la fin de la moisson des champs « des patrons » et donc destiné à l’usage familial. Ce blé est très vigoureux : il résiste bien aux périodes de sècheresse et aux mauvaises herbes. S’agissant d’un blé ancien, il n’est pas génétiquement modifié et il n’a pas besoin de fumiers ni de désherbants. Il présente un taux de gluten très faible, est naturellement riche en polyphénols et, grâce à un climat favorable, ne contient pas de mycotoxines.

La Timilìa est riche en polyphénols et antioxydants et offre un bon apport en protéines, c’est donc un blé à haute valeur nutritionnelle.

Ce blé est stocké à température contrôlée pour préserver l’intégrité de ses nutriments. Tous les produits proposés par Valdibella intégrant du blé sont réalisés en utilisant soit de la semoule demi-complète, soit de la farine provenant de la Timilia.

Valdibella est dépositaire de ses graines (décret ministériel du 5 mars 2018, article unique), une garantie pour les générations futures.

Solidarité et entre-aide, jouer un rôle sur son territoire

21 personnes travaillent au sein de cette coopérative à organisation horizontale, gérant la production, la formation, l’œnologie, l’administration et la commercialisation, ou encore la planification des cultures. Trois personnes sont également mises à disposition pour aider aux travaux agricoles, lorsque les coopérateurs ont besoin « de bras » pendant leurs récoltes.

Deux agronomistes, dont Massimiliano, accompagnent les producteurs et suivent les fermes qui demandent à intégrer la coopérative. Ce sont eux qui procèdent notamment aux analyses et au bon suivi du respect du cahier des charges.

Le site accueille également des groupes pour la formation aux pratiques d’agroécologie, tout comme un parcours ludo-éducatif destinés aux enfants et aux jeunes pour encourager leur approche des bonnes pratiques agricoles, qui se transformeront ensuite en bonnes pratiques alimentaires. Planter un potager, observer le travail des abeilles, suivre la filière du blé jusqu’à la planification seront quelques-unes des activités proposées par l’école alimentaire au cours de l’année.

S’unir pour lutter, c’est la base. Mais ici, sur ce territoire où règne la Mafia, cela prend une toute autre dimension. A la fin des années 90 et au début des années 2000, certains agriculteurs subirent des pressions, du racket de la part de cette Mafia. Des pratiques déplorables se mirent en place : réclamation d’un pourcentage des récoltes sous menace de destruction des cultures, non-respect des délimitations de propriétés, certain·ne·s se voyant piétiner leurs cultures par des troupeaux de bêtes appartenant à ce réseau. Pour aider les agriculteurs face aux pressions qu’ils peuvent subir, l’association Addiopizzo voit alors le jour, impulsée par la coopérative : elle fédère, permet de ne pas être seule, de maintenir un rapport de force pacifique.

Crédit texte et photo: Terralibra https://www.terralibra.fr

Produits disponibles sur notre site: Lait d’amande, Semoule de blé ancien et Vin nature.

Vous proposer du vin oui mais pas n’importe quoi

Vous avez été plusieurs à nous demander si l’on pouvait proposer du vin sur notre site. Cela est possible bien qu’à ce jour nous ne connaissons pas de vignobles personnellement et donc susceptibles de travailler avec nous en direct. Mais peut-être cela viendra-t-il !

En attendant, nous pouvons quand même proposer une petite gamme. Mais attention, nous ne cherchons pas n’importe quoi. Dans le milieu du vin il y a de tout, dans les pratiques viticoles il y a malheureusement beaucoup de choses qui sont contre les idées que nous défendons. Alors pas facile de s’y retrouver. Nos critères dans le choix des vins seront pour des vignobles bio et de préférence Demeter (en biodynamie donc), des vignobles engagés dans la biodiversité et enfin des vins de type « nature » sans aucun ajout de sulfites.

Et enfin nous vous proposons de découvrir un article réalisé par une association viticole dans le sud qui a interrogé le biologiste Marc-André Selosse (quelqu’un dont nous suivons les travaux depuis quelques temps), vous allez voir on apprend plein de choses !

« Un entretien avec le biologiste Marc-André Selosse

Professeur au Museum national d’histoire naturelle, le biologiste Marc-André Selosse est reconnu pour ses travaux sur les mycorhizes, c’est-à-dire les interactions entre les racines des plantes et les champignons présents dans les sols.

Membre de l’Institut universitaire de France et de l’Académie d’agriculture de France, ce chercheur est aussi un vulgarisateur engagé, auteur de nombreux ouvrages de sensibilisation aux enjeux de la biodiversité.

Dans L’Origine du monde : une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent, il plaide ainsi pour une meilleure compréhension du rôle des sols, ces écosystèmes invisibles mais essentiels à la vie sur Terre.

Essentiels aussi pour la viticulture, comme l’explique celui qui est également un grand amateur de vin, une passion qu’il cultive notamment au sein de l’Association des Rencontres des Cépages modestes dont il est le vice-président.

Quel rôle joue le sol dans l’élaboration d’un vin ?

Dans le mot « terroir », il y a le mot « terre » ! Le sol, c’est ce dans quoi pousse la vigne. Et le sol est un facteur crucial de ce qui fait la typicité d’un vin. En effet, les arômes qu’on appelle primaires sont issus des composés présents dans le raisin : or, ceux-ci sont fabriqués en réponse aux caractéristiques d’un milieu, c’est-à-dire les stress induits par le climat et le sol. La qualité d’un vin dépend de la nature d’un sol, mais aussi des micro-organismes rencontrés dans celui-ci : il faut les préserver, c’est essentiel.

Dans quel état sont aujourd’hui les sols viticoles ?

Selon l’Atlas français des bactéries du sol, coordonné par des spécialistes de l’écologie microbienne, plus on intervient dans les sols agricoles, plus il y a une perte de vie microbienne. C’est vrai pour toutes les cultures et particulièrement pour la viticulture qui est une culture assez interventionniste. La vigne compte ainsi parmi les sols les plus endommagés. En quelques décennies, les populations d’êtres vivants se sont effondrées et leur diversité génétique s’est considérablement amenuisée. Toutefois, la diversité des espèces est toujours présente, ce qui signifie qu’il est encore possible de restaurer la vie des sols viticoles.

Pourquoi les sols viticoles sont si appauvris ?

Deux causes principales. D’une part, le labour de l’inter-rang, même s’il tend à disparaître, car il déchire non seulement les racines mais aussi les filaments des champignons, et expose les animaux du sol à la sécheresse et aux prédateurs ; de plus, il forme une « semelle de labour » qui empêche l’eau de s’infiltrer en profondeur.  D’autre part, les pesticides de synthèse, dont la vigne est très gourmande : en France, elle représente 3 % des surfaces cultivées mais près de 20 % de la consommation d’intrants chimiques. Or, les pesticides de synthèse, interdits en agriculture biologique, causent beaucoup de dégâts : par exemple, des champignons essentiels pour l’approvisionnement des racines en minéraux et en eau, mais aussi leur protection, sont intoxiqués par le glyphosate et ne peuvent plus aider la vigne.

Peut-on restaurer les sols viticoles ?

Oui. Aujourd’hui, des solutions contournent tant le labour que l’utilisation des pesticides de synthèse. L’agriculture biologique, qui interdit le recours aux intrants chimiques, est l’une de ces solutions. Les nouveaux cépages résistants aux maladies en sont une autre en réduisant les passages donc le tassement du sol. Des enherbements permanents peuvent empêcher l’installation d’herbes indésirables, limiter l’érosion, repousser des pathogènes du sol (comme les nématodes) et renforcer la biodiversité. Notamment, ils entretiennent en hiver les champignons essentiels pour les racines citées plus haut ! Les dégâts environnementaux causés par la viticulture sont parmi les plus réversibles. Collectivement, nous devons tous aider la filière à évoluer, y compris par nos choix de consommation. »

Crédit: association Sudvinbio, association de loi 1901: https://www.levinbio.fr/qui-sommes-nous/